Offre de stage niveau Master 2 / Ingénieur(e) halieute
- Durée : 6 mois, de février à juillet 2027.
- Localisation : UMR AMURE, IUEM, Plouzané.
- Rémunération : environ 540€ par mois et indemnités de déplacement.
Sujet
Vulnérabilité des pêcheurs professionnels face aux restrictions spatiales : contribution du capital humain à l’adaptation et zones de pêche essentielles, appliquée aux cas des projets éoliens flottants Bretagne Nord-Ouest et Bretagne Sud
Contexte
Les pêcheries connaissent des transformations majeures, liées aux dynamiques écologiques et économiques, à l’intensification des usages de l’espace maritime et à l’évolution des politiques environnementales. La multiplication des restrictions spatiales (aires marines protégées, fermetures temporaires de zones de pêche, plans de conservation et développement des énergies marines renouvelables) redéfinit plus que jamais les conditions de pratique de la pêche professionnelle. En France, la forte expansion des projets de parcs éoliens en mer induit une réduction croissante des zones de pêche disponibles. Cette concurrence spatiale pose la question des déterminants de la vulnérabilité des pêcheries, dont le capital humain est un facteur clé d’adaptation, dans le cadre de la gouvernance des socio-écosystèmes marins. Le capital humain correspond aux capacités productives qu’un individu acquiert par l’accumulation de connaissances, de savoir-faire, etc.
Les travaux menés dans les projets EOLENMER et FISHOREMAN portent sur la capacité d’adaptation des pêcheurs dans l’approche de la vulnérabilité. Ces analyses, appliquées à différents cas d’étude de pêcheries bretonnes et normandes soumises au développement de l’éolien, montrent le rôle significatif du capital humain des pêcheurs, facteur non monétaire, pour l’adaptation. Ces travaux dévoilent que le capital humain des pêcheurs (i) résulte d’un processus complexe d’accumulation de connaissances tacites et codifiées, en lien avec leur environnement social et en contact étroit avec la nature, (ii) est construit, individuellement et collectivement, de façon combinée et dynamique par l’éducation, la formation professionnelle au métier et l’expérience accumulée, mais par aussi la cellule familiale et les relations sociales au sein de groupes restreints de pêcheurs, (iii) joue un rôle important dans l’adaptation des pêcheurs aux restrictions spatiales, mais son
apport diffère selon les sources d’acquisition des connaissances. Ces travaux doivent maintenant être poursuivis par une extension à deux nouveaux projets éoliens flottants bretons, en lien avec la définition des zones de pêche essentielles permettant de minimiser les impacts.
Objet du stage
La problématique du stage repose sur la contribution du capital humain au potentiel d’adaptation des pêcheurs face au développement de l’éolien en mer, dans une optique de gouvernance. Cette problématique sera formulée au regard (i) des différences entre les sources d’acquisition et (ii) des zones de pêche essentielles.
Les missions du stage associent (1) une revue de littérature complémentaire sur le capital humain et exhaustive sur les zones de pêche essentielles ; (2) la collecte de données qualitatives à travers une série d’entretiens à mener auprès des pêcheurs professionnels de Bretagne Nord-Ouest et Sud et des représentants ; (3) l’analyse des données collectées sur le terrain et la restitution des résultats auprès des enquêtés.
La-le stagiaire mettra en évidence les contributions différenciées des sources du capital humain à l’adaptation aux restrictions spatiales, issues des dynamiques différentes d’acquisition des connaissances et de leur rattachement aux zones de pêche essentielles. Une première approche de la définition de ces zones, sous l’angle de la vulnérabilité, est attendue. Une production scientifique issue du rapport de stage (article académique) est prévue. Le travail s’inscrit dans l’équipe pêche professionnelle EOLENMER Observatoire sciences-milieux-sociétés de l’arrivée des éoliennes en mer (ADEME).
Profil recherché et compétences
Etudiant-e en Master 2 ou école d’ingénieur dans le domaine des sciences humaines et sociales appliquées à la gestion de l’environnement.
Compétences : techniques d’enquête, analyse des données, esprit de synthèse, aisance relationnelle, capacités de communication, bonnes connaissances des enjeux marins et littoraux, intérêt pour les questions de gouvernance. Permis B nécessaire (Enquêtes de terrain).
Les candidatures (CV + lettre de motivation) doivent être adressées conjointement à :
- marjolaine.fresard/at/univ-brest.fr
- plefloch/at/univ-brest.fr

