PODCAST : “Quel(s) modèle(s) économique(s) pour la pêche en mer ?”

L’UMR AMURE s’associe à Radio Évasion (104.FM) dans le cadre de l’émission thématique “LEM OCEANS” avec  pour objectif de présenter et discuter des grands enjeux touchant aux océans. Cette émission en direct est diffusée tous les jeudi de 12h30 à 13h.

Le jeudi 28 février nos collègues Pascal Le Floc’h, chercheur économiste et spécialisé dans l’économie des entreprises de pêche et Arne Kinds, doctorant en économie spécialiste de la propriété des navires de pêche ont répondu aux questions concernant la pêche.

Retrouvez le podcast: https://www.radioevasion.net/2019/02/28/quels-modeles-economiques-pour-la-peche-en-mer/

Présentation

Comme tout secteur économique soumis à la mondialisation, la pêche se restructure depuis plusieurs années. D’autant plus qu’il s’agit d’une activité dépendante des ressources naturelles : poissons, coquillages et crustacés. Le point sur la réorganisation des flottilles et des techniques de pêche et son impact économique et social.
Le poids économique de la pêche reste modeste. En France, on est à moins de 1% du PIB, environ 1 milliard d’euros de poissons débarqués et 12000 pêcheurs.

La frontière entre pêche artisanale et industrielle s’estompe

Les entreprises de pêche restent de taille modeste mais les navires sont de plus en plus grands. Depuis la crise de 1993, consécutive à la mondialisation, on est passé de coopératives maritimes à des entreprises individuelles à part entière. Aujourd’hui, comme le patron pêcheur doit assurer non seulement la production mais aussi la distribution de ses produits, il reste peu de véritable « artisanat » (un patron qui travaille à bord de son unique bateau). On voit apparaître des formes intermédiaires : de jeunes patrons pêcheurs qui possèdent plusieurs bateaux et qui ne naviguent pas mais gèrent une petite flottille.

La difficulté réside dans le système de rachat des vieux bateaux qui disposent des droits de pêche. Un patron qui veut naviguer sur un bateau neuf doit en racheter un vieux (pour les droits) et en faire construire un nouveau… C’est donc un investissement important.

Diversification et concentration de la pêche en mer

On peut néanmoins parler de concentration au sens où il y a réduction du nombre de propriétaires de navires ; mais le maître-mot c’est la diversification. Une flottille de 3 ou 4 bateaux permettra justement de pratiquer différents types de pêche. En outre, certains patrons investissent aussi en aval dans la valorisation et la commercialisation de leur pêche : achat de viviers, d’entreprises de mareyage, etc.

Enfin, la raréfaction de certaines ressources halieutiques contraint les pêcheurs à s’adapter. Ainsi, certains territoires qui vivaient d’une monopêche sont fortement touchés socialement en cas de réduction ou de disparition de la ressource, s’ils n’ont pas su trouver d’activité de substitution.